La petite mateuse n'a rien d'une matheuse, son smartphone faisant les calculs à sa place elle n'en voit pas l'utilité. Une trentaine d'année de vie fantastique, sublimée et imaginée comme un conte de fée...Elle observe le monde et les gens de ses grands yeux brillants et regarde de sa façon bien à elle, avec gourmandise et poésie.

mardi 12 février 2013

LE MUSEE DES COEURS BRISES



En général après une rupture on a l'impression que le ciel nous tombe sur la tête et on ne comprend pas comment tous ces gens peuvent continuer à vivre normalement alors que nous, on souffre autant.
On ne conçoit pas l'idée de reprendre une vie normale sans la présence de l'autre.
Plus rien n'a de sens et on en vient à se demander pourquoi on accomplit tel ou tel geste.  
Toutes les actions du quotidien deviennent un fardeau et un épais brouillard rempli de l'image de l'autre, envahit notre esprit.
Lorsque durant quelques minutes ce nuage se dissipe, la surprise est telle qu'on se dit:
 " Oh ça fait cinq minutes que je n'y ai pas pensé!"
Et évidemment il suffit de remarquer cela pour y penser à nouveau.
Quand la relation était polluante, et c'est la majorité des cas (sinon elle ne s arrêterait pas), on se sent en même temps libéré d'un poids et par la même occasion soulagé.
Cette ambivalence dans les sentiments est normale et humaine et c'est ce qui fait que l'être humain est étrange et compliqué. C'est aussi ce qui permet la survie!
On se dit qu'une fois la douleur passée "avec le temps", (vous remarquerez que tout le monde vous dit toujours: " tu verras, avec le temps, ça passera!"), il ne restera plus que ce sentiment de liberté et cette envie de mordre la vie à pleine dent.

Luna avait enfin passé le cap de la terreur.
Elle sortait à nouveau de chez elle et faisait même parfois semblant de rire.
Lorsqu'on lui demandait comment elle allait, elle restait sans voix, ne sachant pas très bien comment répondre à cette question. Elle ne ressentait plus rien.
Un énorme vide avait rempli son être, plus de douleur, plus d'amour, plus de joie ni de peine. Plus rien. Elle ne savait pas si c'était bien ou pas.
 Les gens lui disaient: " Quel ordure! Ce n'est pas un homme, c'est un chien d'avoir agit comme ça!"
Elle acquiesçait sans trop savoir pourquoi, le regard dans le vague, l'air absente.
C'était comme si, toute vie avait disparu et qu'il ne restait plus que les os et la chair.
Parfois, elle continuait à errer dans son appartement, remplie d'un vide immense qui la tyrannisait.
Son refuge était devenu une prison et l idée d affronter le monde extérieur l angoissait.
Elle se forçait pourtant, car il le fallait.
Elle avait conscience qu'elle ne pouvait rester indéfiniment dans sa léthargie.
Il lui faudrait reprendre une vie normal, aller mieux et peut être même, aimer à nouveau.
On ne meurt pas d'un chagrin d'amour. Alors la seule option qui lui restait, c'était la vie.

Son téléphone sonna et son ami Enzo lui dit qu'il passerait la chercher.
Il ne voulut pas lui dire où ils allaient, et en fin de compte ça lui était égal.
Elle se dit que c'était un bon moyen de faire passer une nouvelle journée, jusqu'au soir où enfin, elle pourrait ne plus penser à rien et dormir.
Le klaxon de sa vielle coccinelle bordeaux  retentit à 15 heures pétantes, sous les fenêtre de Luna.
L'obsession de ponctualité de son ami esquissa un léger sourire sur son visage.

"Salut beauté! Oula t'as une tête à faire peur." 

"Merci pour le compliment Enzo, t'avais pas dit que tu voulais me remonter le moral? Si c'est ce que t'essayes de faire, j te le dis tout de suite, tu t'y prends mal!

"Allez, fais pas ta susceptible. Je vais vite me rattraper tu va voir!"

Un sourire radieux éclaira son beau visage et cela suffit à rassurer Luna.
Ils ne prononcèrent que peu de mots durant le trajet, mais le silence entre eux n'était jamais gênant et la simple présence de l'autre les rassuraient.
Ils étaient amis depuis plusieurs années maintenant. Ils avaient d'abord étaient amants, mais ça n'avait pas marché.
Le destin les destinaient à quelque chose de plus grand. Une amitié sincère et indéfectible.
Ils avaient tous les deux des difficultés à être en couple et tout en étant incompatible à ce niveau là, ils se comprenaient mieux que quiconque.
Ils savaient à présent, qu'ils seraient toujours là l'un pour l'autre, quelque soit les épreuves de la vie, il les affronteraient ensemble.
Ils ne se jugeaient pas, se pardonnaient, n'avaient pas peur de se dire les choses, connaissaient les défauts et les qualités de l'autre et les aimaient.
Ils s'aimaient et c'était ça l'amitié.

L'écriteau sur la devanture affichait:         

                                                " LE MUSÉE DES COEURS BRISES"

Luna eu un mouvement de recul.
"Tu es sûre que c'est une bonne idée?

"Excellente, c'est exactement ce dont tu as besoin!
Écoute ma puce, j'ai respecté ta souffrance. Nous l'avons tous respecté d'ailleurs. Mais là, il est temps de passer à autre chose.
Ici, tu vas pouvoir partager les histoires d'autres personnes. Tu te sentiras un peu moins seule.
Les ruptures sont des évènements communs qui arrivent à chacun d'entre nous mais quand on le vit, quand on est dedans, on a l impression que personne ne nous comprend. On se sent seul au monde.
Ici tu verras que parfois une rupture peut devenir un message d'espoir et une belle histoire. "

"Comme nous?" Les grands yeux de Luna brillaient et les larmes frétillaient au bord de ses paupières.

"Oui comme nous ma puce. Allez c'est partis. Pénétrons dans l'antre aux souvenirs."

Les objets, plus insolites les uns que les autres, étaient éparpillés un peu partout et ne semblaient pas suivre de parcours logique.
Les relations amoureuses n'étant pas logique, c'était logique qu'il n'y ai pas de logique!

Enzo la tenait par la main, comme pour lui dire, tu peux craquer si tu veux, je suis là pour te rattraper.
Certes, son coeur débordait d'émotions, mais elle sentait que ça lui faisait du bien.

La robe de mariée:


Luna imagina une jeune femme blonde, lors d'une belle journée de juillet, inondée de soleil.
La maison du Seigneur en pleine campagne, bondée d'invités qui commençait à bourdonner.
Le futur marié en frac gris, une rose blanche à la boutonnière et un air pâle et déconfit.
La robe de marié accompagné de son hôte, voltigeant, s'envolant dans le vent au dessus d'un champ de blé. Fuyante et débordante d'énergie, de peur, de liberté de folie. S'en allant vers l'inconnu, vers la vie, vers un futur dans lequel inévitablement , existerait le jour où, elle avait abandonné son futur mari, ses parents, ses amis, le jour même du jour où il aurait fallut dire oui.

Les escarpins rouge:


La nuit avait été torride. Ils avaient fait des étincelles, et leur étreinte l'avait foudroyé. A l'instant ou elle avait franchi le seuil du bar où il venait chaque vendredi avec ses amis, à l'instant ou il l'avait aperçu pour la première fois, il avait été hypnotisé par sa beauté et son sex appeal.
Elle savait qu'elle était belle, elle jouait l'indifférente et la distante, passait à côté de lui et son odeur était celle d'une déesse.
Il était tout de suite tombé amoureux d'elle et ne comprenait pas lui même pourquoi, ni comment cela était possible. Il l'avait peut être trouvé? Celle qu'il attendait depuis toujours. Celle qui aurait ce petit quelque chose qui fait toute la différence?
Après deux heures d'un sommeil lourd mais agité, épuisé mais heureux du bonheur charnelle qui l'avait subjugué; il se réveilla seul, dans un lit froissé, humide et vide.
Elle s'était enfuie en pleine nuit, à pas de louve, sans aucun bruit et sans adieu.
Effrayé par ce qu'elle avait ressenti, ce qu'ils avaient vécu. Décidant de ne pas gâcher cet instant magique par une relation qui gâcherait leur amour. Rassuré d'avoir connu, au moins une fois dans sa vie, un sentiment si fort et si pur.
Dans sa précipitation de fuir, elle avait laissé ses escarpins rouge, et était rentrée chez elle pied nus sur l'asphalte froid et lisse des trottoirs parisiens.
Ces précieux souliers ne cessaient d'entretenir le souvenir de cette nuit chaque jour plus vive dans son âme. Il se la figurait, marchant seule dans la nuit, les larmes coulant sur ses joues charnues et rouges. Son maquillage cernant ses yeux noirs et fatigués.
Jamais il n'avait recroisé le chemin de son amour aux escarpins rouge.

A SUIVRE

jeudi 7 février 2013

LA PETITE MATEUSE SUR FACEBOOK

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mercredi 6 février 2013

DES VACANCES DE REVE

DES VACANCES DE REVE


Depuis trois jours déjà, Luna n'avait pas mis le nez dehors. Elle cuvait son chagrin comme un lendemain de cuite, à moitié consciente de ce qui lui arrivait, fuyant la réalité alors que tout la ramenait à elle.
Les objets sont parfois bien sadiques et on aurait envie de tous les casser, lorsqu'ils ne cessent de nous rappeler les moments heureux à jamais disparus.
Comme une énorme larve sous sa couette, elle semblait ramper de la chambre à la cuisine, de la cuisine à la salle de bain, de la salle de bain au canapé. Se dandinant lourdement d'un pied sur l'autre afin d'assouvir les besoins nécessaire à sa survie, elle évitait les miroirs, la balance et les magasines féminins qui semblaient lui crier " Tu es grosse, une loque humaine, regarde toi et frémit !"
C'était justement ce qu'elle ne voulait pas faire, se regarder. Et en fait, elle n'avait pas besoin de ça pour frémir.
La raison de l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait? Un homme bien sûr. Pas n'importe quel homme pourtant...
Il y avait encore deux semaines, elle préparait sa valise pour ce qui devait être le plus beau voyage de sa vie. Une escapade en amoureux, sur les terres d'Ulysse, de la féta et du sirtaki, juste tous les deux, au paradis!
Depuis des mois, ils n'arrivaient pas à trouver des moments vraiment seuls tous les deux.
Leur quotidien était comme une prison, à laquelle ils ne pouvaient échapper et qui les empêchaient de vivre pleinement leur amour.
Enfin, pendant tout une semaine, rien d'autre ne compterait, ils seraient le centre de leur monde, l'unique chose importante.
Ils comptaient les jours et espéraient ainsi accélérer le sablier du temps.
Pourtant, il aurait fallu l'arrêter afin d'éviter ce qui allait certainement être la cause du cauchemar qui se profilait.

Ils se disputèrent. Une violente dispute qui laisse un poids sur le coeur, un gout d'amertume dans la bouche et jette un froid entre deux êtres bouillonnants.
Elle essaya de rattraper la situation et s'agrippa comme une folle à ce qui restait entre eux.
A présent elle redoutait ce départ tant attendu.
Il avait commencé à la matraiter, ne répondant plus à ses appels et se comportant comme un goujat de bas étage. Il avait adopté avec elle des manières de rustre et commençait à montrer une facette inconnue de lui même. Docteur Jeckyl laissait sortir Mister Hide.

Malgré tous ses efforts pour garder la situation sous contrôle, elle sentait la souffrance monter dans son ventre et gardant son calme en apparence, elle essayait de lui faire comprendre qu'elle ne méritait vraiment pas un tel traitement.
Elle se sentait coupable et minable. Il la faisait se sentir comme une moins que rien, capable à elle seule de gâcher une relation qui semblait si prometteuse. A cause de son caractère, elle avait tout brisé et il le lui faisait payer.
Une lueur étincelait dans ces yeux. La jouissance. Le plaisirs de faire du mal à quelqu'un qu'on sent sous sa coupe. L'impression grisante de contrôler un être et de l'avoir a sa merci. Il semblait adorer lui faire du mal et effectivement, il n'allait pas s'arrêter là.

La vieille de leur départ il ne lui répondit pas au téléphone la laissant dans le doute du lendemain. Elle était totalement dépendante de lui, car il s'était occupé de tous les détails techniques, billets d'avion, hôtel et transport jusqu'à l'aéroport.
Quelques heures seulement avant l'heure du vol, il débarqua sans prévenir. Il la trouva en larmes, épuisée et tremblante. Elle n'eut pas le coeur ni la force de le jeter dehors et se contenta de se taire. Cette nuit là, il la serra contre lui essayant d apaiser son âme blessée et fit renaître l'espoir dans son coeur.

Pendant le voyage, il ne lui adressa pas la parole. Il fallait pourtant qu'ils discutent, qu'ils règlent leur problème. Il ne voulait pas, ne la laissant pas parler lui disant qu'ils s'expliqueraient quand ils seront arrivés et reposés. Profitant de son pouvoir, il la manipulait, jouant avec elle comme une poupée brisée et cabossée.

Pendant plus de vingt quatre heures elle vécu l'enfer du silence. La présence pesante de l'autre dans un froid glacial et une incertitude terrifiante. L'attente, l interminable attente de celle qui se sait condamnée et qui attend la sentence.
Elle se sentait gênée en permanence, elle étouffait et les larmes coulaient de ses yeux sans qu'elle puisse les contrôler. Le spectacle terrifiant de tous ces couples heureux de profiter de leur vacance. Et eux, dans le desespoir d'avoir à jouer cette mascarade.

Il lui dit qu'il voulait arrêter. Que tout était finit.

Il avait attendu d'être à des milliers de kilomètres pour lui dire.

Comme un feu d'artifice couronnant cette relation désastreuse, il avait fini en beauté.